Histoires courtes

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Désordres à Clarensac.

Nous sommes à la période du Carnaval, l’an 1774. Le juge du lieu, M.Massip (famille qui depuis longtemps, avait des intérêts et des droits seigneuriaux à Clarensac et y tiendra le haut du pavé jusqu’à la Révolution), marie son fils, avocat au Parlement. C’est le groupe de la jeunesse qui est chargé d’organiser une fête pour l’arrivée de la noce. En vue de payer les hautbois, tambours et trompettes, le père de la mariée remet vingt-quatre sols à chaque jeune homme.
Mais une telle manifestation ne peut se passer de l’autorisation du seigneur du lieu: il l’a refuse.
La population, qui aime la fête (C’est bien connu, les Clarensacois furent et demeurent des « festéjaires »), ne tient aucun compte de l’interdit et l’orchestre s’en va jouer sur la place, devant le château.
Le mariage s’étant fait à Nimes (écrit tel quel), on va donc attendre l’arrivée des « novi » sur le chemin de Caveirac. Consuls chaperonnés en tête, nombreux cavaliers, tambours, hautbois et trompettes, toute la jeunesse et les enfants de la paroisse raccompagnent en grande pompe le carrosse des mariés.
Trois jours, et surtout trois nuits, le son aigre du hautbois fera danser et farandoler grands et petits, sur la place et le tour « tour de ville », sans oublier l’arrêt provocatoire sous les fenêtres du seigneur, excédé par les cris et les huées. A ceux qui les mettent en garde, les Clarensacois rétorquent:« Nous nous foutons du seigneur ».
Tout ce qui dans la communauté a quelque pouvoir : autorité locale, seigneuriale, judiciaire, religieuse, multiplie les interdits pour essayer de juguler la turbulence : « la fête succombe sous l’anathème ».
Qu’à cela ne tienne. Tout en festoyant, on a nargué un seigneur mal-aimé ; ni lui ni ses agents n’ont réussi à maîtriser la liesse populaire, quelles qu’en puissent être les suites possibles. Et puis le Carnaval n’est-il pas la fête de la dérision et de l’inversion des valeurs sociales ?

Voici une histoire, tiré du livre de Maurice Aliger, ancien Président de l’Académie de Nîmes, ayant pour titre « La Vaunage, des Camisards aux Sans-culotte ». Ce livre peut-être acheté dans les presses de la Vaunage, ou bien voir avec l’association Maurice Aliger, contact Madame Pierrette BOSC, 4 chemin creux de l’argile, 30 111 Congénies, Tél : 04 66 80 72 56, ou bien directement chez l’éditeur Lacour http://www.editions-lacour.com Place des Carmes, 25 boulevard amiral Courbet.

Petit commentaire de clarensac.fr :  Si la même situation se produisait aujourd’hui à Clarensac, Que se passerait-il ? Imaginez l’histoire avec le Comité des Jeunes de Clarensac, le Comité d’Animation de Clarensac, le maire de Clarensac et ses adjoints, un mariage avec de la musique pendant trois jours et trois nuits, sur la place, sur le tour du village avec un vrai grand désordre…À vous de voir.

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