L’exposition Baroncelli au Temple de Clarensac

L’exposition Baroncelli au Temple de Clarensac

SERGE MIGOULE PRESENTE LE MARQUIS FOLCO DE BARONCELLI-JAVON

Folco enfant, dessin à la mine de plomb fait par sa mère Henriette de Baroncelli née de Chazette-Lunac.
Marie-Lucien-Gabriel-Folco de baroncelli-Javon enfant, dessin à la mine de plomb fait par sa mère Henriette de Baroncelli née de Chazelle-Lunac.

Exposition au Temple de Clarensac du 4 au 7 février 2016

Folco de Baroncelli-Javon
Lou Marquès

Textes et photographies Serge Migoule

Saintes-Maries-de-la-Mer, 1939, le mas du "Simbèu" du Marquis Folco de Baroncelli-Javon.
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1939, le mas du « Simbèu » du Marquis Folco de Baroncelli-Javon.

La famille Baroncelli descend d’une vieille famille Florentine installée en Provence depuis le XVième. Le père Raymond deviendra directeur du télégraphe à Aix-en-Provence en 1868, il épousera Marie Caroline Henriette de Chazelles-Lunac, c’est de ce mariage que naîtra le 1er novembre 1869, Marie Lucien Gabriel Folco de Baroncelli. Son père ayant été nommé à Nîmes, toute la famille se rapprochera de Madame de Chazelles, la grand-mère maternelle qui possède le château de Bellecôte à proximité de Bouillargues. C’est là que Folco découvre les gardians qui avec leurs cavales blanches venaient dépiquer le blé au château. Lors des fêtes de Bouillargues, il voyait arriver les taureaux des courses dans la cour du mas qui attendaient l’après-midi dans des cours au calme. Chaque été sa grand-mère Chazelles emmène Folco en vacances aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il y découvre la Camargue profonde, mystérieuse et tombe amoureux de ce beau pays.

Par une matinée d'été en 1911, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon et quelques amis déjeunent à l'ombre d'un chêne.
Par une matinée d’été en 1911, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon et quelques amis déjeunent à l’ombre d’un chêne.
Intérieur d'une cabane de gardian.
Intérieur d’une cabane de gardian.

Folco fait ses études à Nîmes et obtient son baccalauréat avec le prix d’honneur en 1886.

La famille Baroncelli revient à Avignon, en 1886, à l’Hôtel de Javon, maison de leurs ancètres.

Saintes-Maries-de-la-Mer, le gardian du Marquis Folco de Baroncelli, André Boucarut dit "Bichette" s'apprête à capturer un poulain à l'aide de son seden.
Saintes-Maries-de-la-Mer, le gardian du Marquis Folco de Baroncelli, André Boucarut dit « Bichette » s’apprête à capturer un poulain à l’aide de son seden.
Râteaux, peigne et roue pour la fabrication des sedens.
Râteaux, peigne et roue pour la fabrication des sedens.

Il rencontre Frédéric Mistral en 1889 et ils créent en 1891 le journal l’Aïoli dont Folco sera le rédacteur en chef et aura comme adresse le Palais du Roure (ce qui veut dire chêne en provençal) nouvelle appellation de la maison familiale. Il fait son service militaire au 58ième d’infanterie à Avignon.

Après avoir été libéré de ses obligations militaires, en 1892, il se rend régulièrement en Camargue chez les Dijols au mas du Petit Bardon, il s’imprègne du métier de gardian et découvre ce magnifique pays qu’est la Camargue.

Passerelle sur le Vistre au Cailar en 1912, le cheval du Marquis Folco de Baroncelli finit de traverser.
Passerelle sur le Vistre au Cailar en 1912, le cheval du Marquis Folco de Baroncelli finit de traverser.

En 1895, il se marie avec Henriette Costantin, fille d’un grand propriétaire viticole du Domaine de Fines Roches à Châteauneuf-du-Pape. Ils s’installent Rue des Pénitents aux Saintes-Maries-de-la-Mer et là commence une vie rude, sans confort et éloignée de leurs familles.

Les Saintes-Maries-de-la-Mer en octobre 1913, le Marquis Folco de baroncelli.
Les Saintes-Maries-de-la-Mer en octobre 1913, le Marquis Folco de baroncelli.
Le Marquis Folco de Baroncelli aux Saintes-Maries-de-la-Mer (1913).
Le Marquis Folco de Baroncelli aux Saintes-Maries-de-la-Mer (1913).
Saintes-Maries-de-la-Mer, Mathieu Raynaud dit "Lou papé Raynaud", gardian du Marquis Folco de Baroncelli-Javon (1903).
Saintes-Maries-de-la-Mer, Mathieu Raynaud dit « Lou papé Raynaud », gardian du Marquis Folco de Baroncelli-Javon (1903).
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à 26 ans.
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à 26 ans.

Folco possède déjà quelques juments à Cacharel, des vaches et des taureaux achetés chez Dijol, Saurel et Papinaud. Il aura 3 filles, Nerte en 1895, Maguelone en 1901 et Frédérique en 1908.

Les filles du Marquis Folco de Baroncelli en 1919, de gauche à droite, Frédérique "Riquette", Nerte et Maguelonne "Lounet".
Les filles du Marquis Folco de Baroncelli en 1919, de gauche à droite, Frédérique « Riquette », Nerte et Maguelone « Lounet ».
Nerte de Baroncelli-Javon
Nerte de Baroncelli-Javon (1916).
Les Saintes-Maries-de-la-Mer le 21 juillet 1916, mariage de Mademoiselle Nerte de Baroncelli-Javon avec Monsieur Gaston Bonis, officier de Marine. Le Marquis mobilisé est en tenue militaire.
Les Saintes-Maries-de-la-Mer le 21 juillet 1916, mariage de Mademoiselle Nerte de Baroncelli-Javon avec Monsieur Gaston Bonis, officier de Marine. Le Marquis mobilisé est en tenue militaire.

Son père le Marquis Raymond décède et Folco l’aîné des 9 enfants devient par héritage le nouveau Marquis. « Lou Marquès » vient de naître. Folco devient manadier, c’est le début de la future manade « Santenco ». Et en 1899, il loue et s’installe au mas de l’Amarée (en Provençal c’est un prunier de Sainte Lucie) et son ami Dijol lui procure un étalon de race pure (Le Pratique).

Saintes-Maries-de-la-Mer, mas de l'Amarée, le Marquis Folco de Baroncelli discute avec "Lou papé Raynaud" et olivier.
Saintes-Maries-de-la-Mer, mas de l’Amarée, le Marquis Folco de Baroncelli discute avec « Lou papé Raynaud » et Olivier.
Gare d'Avignon en 1915, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon en tenue militaire.
Gare d’Avignon en 1915, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon en tenue militaire.
Arles en 1915, le Marquis Folco de Baroncelli et Monsieur Salles au cimetière antique des Aliscamps.
Arles en 1915, le Marquis Folco de Baroncelli et Monsieur Salles au cimetière antique des Aliscamps.

C’est en 1902 qu’il débute avec son premier taureau « Provenço », ce dernier va triompher pendant des années dans toutes les arènes du midi. Ensuite plusieurs taureaux font briller les couleurs du Marquis, le taureau « Lou Bandot » en 1924 dans les arènes de Graveson blessera à mort le raseteur Ameletto Jacopini dit « Melette ».

Les Saintes-Maries-de-la-Mer en 1920, danse des arlésiennes avant la course des taureaux du Marquis Folco de Baroncelli-Javon dans le plan (à noter le toril en planches à l'ombre du figuier).
Les Saintes-Maries-de-la-Mer en 1920, danse des arlésiennes avant la course des taureaux du Marquis Folco de Baroncelli-Javon dans le plan (à noter le toril en planches à l’ombre du figuier).
Mas de l'Amarée aux Saintes-Maries-de-la-Mer en 1921, le Marquis Folco de Baroncelli, le neveu de Frédéric Mistral, l'abbé Chapelle curé des Saintes et André Boucarut dit "Bichette" gardian du Marquis.
Mas de l’Amarée aux Saintes-Maries-de-la-Mer en 1921, le Marquis Folco de Baroncelli, le neveu de Frédéric Mistral, l’abbé Chapelle curé des Saintes et André Boucarut dit « Bichette » gardian du Marquis.

Le 27 octobre 1905 à Nîmes, il rencontre les Indiens Sioux Oglalas de la réserve de Pine Ridge dans le Dakota qui faisaient partie du spectacle de Buffalo Bill le « Buffalo’s Wild West Show » qui se produisait à Nîmes et qui devait faire le tour de l’Europe.

Les Sioux, assis le Marquis Folco de Baroncelli-Javon, à côté Jeanne de Flandreysy et debout Joé Hamman (1908).
Les Sioux, assis le Marquis Folco de Baroncelli-Javon, à côté Jeanne de Flandreysy et debout Joé Hamman (1908).

William Frédérick Cody, plus connu sous le nom de « Buffalo Bill » créa en 1882, le « Buffalo Bill’s Wild West Show ». Très jeune il travaille pour le Pony Express, devient auxiliaire de l’armée Américaine, puis éclaireur lors des massacres des Indiens, tueur de bisons et d’indiens. Avec le « Wild West Show », il commence des tournées en Amérique, vient en Europe et en 1889, première tournée en France. En 1905, à l’occasion de la deuxième tournée en Europe son spectacle a été présenté dans 120 villes françaises. Ce fut 16 bateaux qui furent nécéssaires pour la traversée, 3 trains qui transportèrent 500 chevaux, 800 hommes et 28 bisons. Lors de son passage en provence, le chef des Lakotas de la nation Sioux qui s’appelait « Jacob White Eye » se lie d’amitié avec le Marquis Folco de Baroncelli. Le chef Lakotas, accompagné par deux membres de sa famille « Sam Lone bear et iron Tail » seront invités au mas de l’Amarée aux Saintes-Maries-de-la-Mer (mais ne pourront venir). S’ensuit une amitié sincère entre les Lakotas et le Marquis qui durera toute leur vie. Et lorsqu’en septembre 1906, la troupe rembarque après une dernière représentation à Gand, Folco ne résiste pas, il fera le voyage pour saluer une dernière fois ses amis. L’émotion est à son comble lorsque le bateau se détache du vieux continent. Jacob White Eyes n’y tient plus, il jette au pieds du Marquis resté sur le quai un paquet contenant la magnifique parure d’indien. Un cadeau d’amitié toujours en possession dans la famille. De retour dans la réserve de Pine Ridge à Kyle dans le Dakota du Sud, ils ont continué à échanger des nouvelles toute leur vie.

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Tenue complète de chef Indien Sioux Oglalas (parure,mocassins,gilet,coiffes) offerte par le chef Sioux Jacob White Eyes au Marquis Folco de Baroncelli-Javon à la fin des représentations en Europe du « Wild West Show » en cadeau d’amitié. Tenue photographiée aux Cabanes du « Simbèu » (Serge Migoule, septembre 2012).

Toute sa vie, le marquis défendra les causes perdues et celles des opprimés : les vignerons du Languedoc, les Boers, les Gitans (il obtint de l’archevêque d’Aix-en-Provence la sortie de la statut de Sainte Sarah pour le pèlerinage des Saintes-Maries-de-le-Mer) :

Les Saintes-Maries-de-la-Mer, camp des gitans pour le pèlerinage (1913).
Les Saintes-Maries-de-la-Mer, camp des gitans pour le pèlerinage (1913).

Il manifeste à Nîmes pour le maintien des courses de taureaux, il a l’idée de créer un Parc Naturel en Camargue, il se bat contre la construction d’une ligne électrique aérienne en Camargue, il est contre le projet d’assèchement de l’étang du Vaccares, il remet au goût du jour le costume provençal, l’habit de gardian, les jeux dans les arènes, il proteste vigoureusement contre Daladier pour des tirs d’avions sur le bois des Rièges.

Le 8 novembre 1924, le Marquis Folco de Baroncelli-Javon écrit un texte sur les gardians :

Les Gardians descendent tout droit des siècles de splendeur, – et, de Sémiramis à notre Reine Jeane, – autour des palais a boutonné la fleur, – qui éclat aujourd’hui dans la Nation Gardiane.

Les Gardians sont des prêtres et sont des troubadours : – prêtre du dieu Mithra qui est la force généreuse, – le sang des sacrifices et l’éternelle flamme, – et poètes farouches lançant l’appel de Maillane.

Et, lorsque tout s’effrite et tombe au précipice, – dressant leurs chevaux en blanche forteresse, – seuls, contre Lucifer, ils se battent par beauté.

Mais sous le symbole du Trident et du Taureau, – si les Gardians tiennent tête à la lutte infernale, – ce n’est que pour te sauver, Comtesse provençale.

Fête à Clarensac du vendredi 31 octobre au dimanche 2 novembre 1924, avec Toros et Gardians du Marquis de Baroncelli, au profit de l’Harmonie, chasse avec déjeuner champêtre, retraite aux flambeaux, grand bal et illuminations, sérénade par l’Harmonie, grande course de taureaux avec cocardes fortement primées, jeux de Provence (orange, bouquets, écharpes… par les gardians du Marquis), grand banquet ouvert à tous et le meilleur accueil réservé aux Étrangers.

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Arrivée de la course de taureaux sur la place du village de Clarensac en 1930 (devant le Grand Café).
Copie grossière de l'animal réalisé comme un motif de pégoulade pour être présenté au public nîmois. Promené sur un char tout autour de la ville, il stationnera aux arènes, à l'esplanade, à la Porte Auguste... Le bœuf de Cain (réalisé par Auguste Cain en fonte) exposé dans les Jardins du Trocadéro à l'occasion de l'exposition universelle de Paris de 1878. En 1936, Jean Raymond-Laurent né à Nîmes en 1890 devient président du conseil municipal de Paris. Personne ne sait pour quelle raison le maire de Nîmes de l'époque Monsieur Hubert Rouger fit jouer cette relation pour acquérir ce bœuf destiné à embellir un quelconque quartier de Nîmes. Après cela, il fallait trouver un emplacement pour la bête et surtout comment présenter l'animal aux nîmois et à son conseil. Il n'avait ni la morphologie d'un taureau de corrida encore moins celle d'un cocardier camarguais. C'est l'architecte nîmois Monsieur Blanc qui aura une idée, l'animal sera exposé sur un socle suffisament haut pour que l'on ne puisse pas apercevoir les accessoires agricoles. Un devis datant du 31 mars 1937 s'élèvera à 100 000 francs pour la réalisation du piedestal et la pose de cette statut rebaptisée le Taureau, qui sera inaugurée le 15 mai 1937 en bas du Boulevard Jean Jaurès.
Copie grossière de l’animal réalisé comme un motif de pégoulade pour être présenté au public nîmois. Promené sur un char tout autour de la ville, il stationnera aux arènes, à l’esplanade, à la Porte Auguste… Le bœuf de Cain (réalisé par Auguste Cain en fonte) exposé dans les Jardins du Trocadéro à l’occasion de l’exposition universelle de Paris de 1878. En 1936, Jean Raymond-Laurent né à Nîmes en 1890 devient président du conseil municipal de Paris. Personne ne sait pour quelle raison le maire de Nîmes de l’époque Monsieur Hubert Rouger fit jouer cette relation pour acquérir ce bœuf destiné à embellir un quelconque quartier de Nîmes. Après cela, il fallait trouver un emplacement pour la bête et surtout comment présenter l’animal aux nîmois et à son conseil. Il n’avait ni la morphologie d’un taureau de corrida encore moins celle d’un cocardier camarguais. C’est l’architecte nîmois Monsieur Blanc qui aura une idée, l’animal sera exposé sur un socle suffisament haut pour que l’on ne puisse pas apercevoir les accessoires agricoles. Un devis datant du 31 mars 1937 s’élèvera à 100 000 francs pour la réalisation du piedestal et la pose de cette statut rebaptisée le Taureau, qui sera inaugurée le 15 mai 1937 en bas du Boulevard Jean Jaurès.
Nîmes en 1937, Boulevard Jean Jaurès, inauguration de la statut du Taureau (Place qui porte toujours son nom) avec les arlésiennes, les gardians, la "Nacioun Gardiano", le Marquis Folco de Baroncelli-Javon et beaucoup de personnalités politiques. Discours de Monsieur Jean Raymond-Laurent, président du conseil municipal de Paris.
Nîmes en 1937, Boulevard Jean Jaurès, inauguration de la statut du Taureau (Place qui porte toujours son nom) avec les arlésiennes, les gardians, la « Nacioun Gardiano », le Marquis Folco de Baroncelli-Javon et beaucoup de personnalités politiques. Discours de Monsieur Jean Raymond-Laurent, président du conseil municipal de Paris.

Il a écrit de nombreux poèmes et des ouvrages sur la Camargue et ses traditions. Il demande à son ami Hermann-Paul de dessiner la Croix de Camargue (représentant la Foi, la Charité et l’Espérance).

Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à Cavaillon (11 août 1935).
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à Cavaillon (11 août 1935).

En 1931, il crée la « Nacioun Gardiano » et il quitte le mas de l’Amarée pour s’installer au mas du « Simbèu » où il dira plus tard « …entre la mer, les Saintes et le Rhône, il fait bon vivre, Dieu le sait ».

Avignon, le 18 mai 1932, le Marquis de Baroncelli-Javon écrit une lettre en provençal à Madame de Flandreysy dont voici le contenu traduit :

Comme un bouquet de narcisses, vous avez lié les manuscrits, de « Blé de Lune », sage et bonne. Ah! j’aurais bien pu mourir…

Jamais, sans vous, mes vers, Madame, en un livre n’auraient fleuri. Aussi, quand sur les lones le crépuscule descend, mon esprit va vers vous.

Dans la solitude du soir, je me blottis sous votre aile et je me repose du combat.

Et, dans la mort, près de votre âme, je trouverai l’éternelle paix dont le soir n’est qu’un reflet.

Clarensac 1935, course de taureaux du Marquis de Baroncelli-Javon sur la Place du Café (il est à noter, la construction du toril sous le porche, aujourd'hui c'est la Rue des Parapluies Fermés).
Clarensac 1935, course de taureaux du Marquis de Baroncelli-Javon sur la Place du Café (il est à noter, la construction du toril sous le porche, aujourd’hui c’est la Rue des Parapluies Fermés).
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon (1937)
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon (1937)

Après les débuts des hostilités de la seconde guerre mondiale, en 1942, les allemands occupent le mas du « Simbèu », il est expulsé manu-militari, il se réfugie aux Saintes-Maries-de-la-Mer chez des amis. Sa santé en prend un coup et le 15 décembre 1943 à midi, il décède. Les obsèques ont lieu à Avignon à l’église Saint Agricol et il est inhumé au cimetière Saint-Véran. Les allemands font sauter le mas « Simbèu ».

Le 21 juillet 1951, les restes du Marquis Folco de Baroncelli-Javon, sont transférés aux Saintes-Maries-de-la-Mer sur l’emplacement du mas « Simbèu » où un tombeau a été bâti avec les pierres de son mas.

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Les Saintes-Maries-de-la-Mer en 1952, cette jeune camarguaise vient fleurir avec un bouquet de saladelles la tombe du Marquis Folco de Baroncelli-Javon, tombeau construit sur l’emplacement de son mas « Lou Simbèu » avec des pierres récupérées de la démolition. Le Marquis y vécut du 1er février 1931 au 17 février 1943 date à laquelle il fut expulsé par les allemands et qui feront sauter le mas en 1944. Au fond on aperçoit les cabanes du « Simbèu » et derrière la mer.

Chaque année, la journée du 26 mai est consacrée à la mémoire du Marquis. Son gendre le Marquis Henri Aubanel a poursuivi le travail et l’élevage de la manade, puis c’est son fils pierrot Aubanel et maintenant ses deux fils Réginald et Béranger qui poursuivent le travail du Marquis de Baroncelli-Javon.

Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à 20 ans.
Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon à 20 ans.

Voilà la vie résumée d’un Grand Monsieur de Camargue qui a œuvré toute sa vie pour ce pays de Camargue et qui a laissé un patrimoine à conserver. Voici pourquoi en 2008, j’ai voulu rendre hommage à ce grand homme et là j’ai commencé à rechercher photographies et documents (2000 environs) d’abord chez des particuliers puis je me suis rendu au Palais du Roure à Avignon où avec l’accord de la conservatrice de l’époque, Madame Sabine Barnicot j’ai scanné photos et documents sur le Marquis et la Camargue ancienne. Après plusieurs années de recherche et un long travail de restauration, d’explications et de légendes sur les photographies et documents, qu’à eu lieu en décembre 2011 à Langlade le vernissage de ma première exposition (770 photos). Vu le succès obtenu de cette première, s’ensuivirent des expositions dans plusieurs villes et villages : Castillon du gard, Saint-Gilles, les Saintes-Maries-de-la-Mer, Pérols, Sommières, Le Cailar, Avignon, Aigues-Mortes, les Jardins de la Fontaine durant la Féria de Pentecôte 2012 (sous la pluie) et enfin la Chapelle des Jésuites à Nîmes avec plus de 5000 visiteurs. Après avoir étoffé ma collection avec 970 photos, c’est dans mon village natal, Clarensac, que l’exposition sur le Marquis Folco de Baroncelli-Javon était visible du 4 au 7 février 2016.

Serge Migoule

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